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France: la durée du travail est l’une des plus basses d’Europe

janvier 13, 2012  | by Gülpen Garay

Cette fois c’est confirmé: la durée du travail en France est bel et bien l’une des plus basses d’Europe (à l’exception notable de la Finlande). Pis, c’est dans l’Hexagone qu’elle a le plus baissé sur la dernière décennie. Ces deux conclusions, à charge contre les 35 heures, sont tirées d’une très sérieuse étude comparative de l’institut COE-Rexecode, réputé proche du patronat.

COE-Rexecode a demandé à Eurostat, l’institut européen de statistiques, de calculer et mesurer -à partir des données individuelles de temps de travail récoltées dans chaque pays de l’Union européenne- une durée effective annuelle de travail pour les salariés à temps complet.

Selon ces calculs inédits, la durée effective annuelle moyenne du travail des salariés à temps plein en France est de 1679 heures en 2010, soit 224 de moins qu’en Allemagne, pays auquel la France est régulièrement comparée en termes de compétitivité. À titre de comparaison, l’Espagne affiche une durée du travail de 1798 heures par an, l’Italie de 1813 et le Royaume-Uni de 1856. Soit, dans tous les cas, bien plus qu’en France.

Ce faible niveau français de temps de travail sur l’année est, d’après COE-Rexecode, essentiellement dû à la réforme des 35 heures mise en place dans l’Hexagone à la fin des années 1990. Pour preuve, aucun des autres pays européens n’a mis en place une réduction du temps de travail similaire, imposée par la loi, et tous ont vu leur durée annuelle baisser bien moins que la France.

Au cours des dix dernières années, la durée effective du travail a ainsi diminué de 270 heures dans l’Hexagone, contre 124 en Allemagne par exemple ou 203 en Espagne.

En faisant le lien avec le taux d’emploi (+3,4% en France, contre +6,3% en Allemagne) et le pouvoir d’achat (+7,3% en France, contre +13,3% en Allemagne), COE-Rexecode en tire donc une conclusion très simple qui devrait intéresser tous les candidats, déclarés ou non, à la présidentielle: malgré une démographie déclinante, l’Allemagne est l’exemple type d’un pays qui réussit son partage du travail.

«Le pays a encouragé la négociation d’entreprise, le développement du temps partiel et une baisse limitée de la durée effective du travail, juge Michel Didier, son directeur. Cela a permis une augmentation du taux d’emploi et des gains de pouvoir d’achat de sa population.»

À l’inverse, la France n’a pas tiré parti de ses atouts démographiques (la meilleure natalité d’Europe) et a ainsi perdu une bonne partie de son potentiel. «Le passage aux 35 heures a fait baisser fortement la durée du travail à temps plein et temps partiel, sans pour autant stimuler de façon significative le taux d’emploi global et en bridant le pouvoir d’achat moyen.» De là à dire que les 35 heures ont été «un échec», il n’y a qu’un pas que Michel Didier ne veut pas franchir mais qu’il pense fortement…

Via: Le Figaro

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